dimanche 11 novembre 2012

Série Rouge n° 136 - L'éblouissement de la mort


"L'éblouissement de la mort"
Série : Rouge n° 136

Nombre d'histoire : Une seule.

Citation d'ouverture : 
"Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange
d'os et de chairs meurtris, et traînés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux." - (Athalie) Jean Racine

Résumé : Attention c'est compliqué !
(j'ai d'abord tenté de faire un résumé "normal", mais c'était impossible)

1/ Thomas Whiting, pilote d’avion, est pris dans une tempête. Il parvient à réaliser un atterrissage forcé en pleine campagne. Sous une pluie torrentielle, il part à la recherche d’une maison de laquelle il pourrait passer un coup de téléphone, et tombe nez à nez avec une jeune cavalière capuchonnée. Il lui explique ses mésaventures, mais la jeune femme, du nom de Viva, ne comprend pas un mot de ce qu’il dit. Elle ignore ce qu’est un téléphone, et se demande quel est cet "oiseau de fer" duquel elle a vu sortir Thomas. Bizarre. Quoi qu’il en soit, elle lui propose de passer la nuit dans sa demeure, ou elle vit avec son père, Germain Huppert. Enfin au sec, et autour d’un bon repas, il pose quelques questions concernant Viva, son apparent retard mental, ce qui ne plaît guère au maître des lieux, lequel, embarrassé, répond vaguement à ses questions.

2 / La vérité est que Germain Huppert n’est pas le père de Viva. Pendant la seconde guerre mondiale, il était docteur-scientifique au service du IIIème Reich, pour lequel il était en pleine recherche d’un sérum de "guérison totale" (façon Wolverine dans X-Men). Quelques temps après la capitulation allemande (lui s’en est tiré en se barrant in extremis), ses recherches concernant le sérum continuent, et l’amènent à kidnapper Viva. Il la séquestre dans son manoir perdu dans la campagne Suisse, dans lequel il vit sous un faux nom, afin de finaliser son produit miracle sur un cobaye.

3 / Viva ne s’appelle pas Viva. Son vrai nom est Marie Duteil. Au moment ou Germain Huppert la capture, elle est la Gun-Moll, c'est-à-dire la compagne de Marcel le Marseillais, un mafieux du sud (d’où sa subtile appellation). Pendant qu’ils s’échappent de France, Marie, ignorant tout de la véritable profession de son époux, s’énerve dans la voiture! Marcel rate un virage alors qu’ils sont arrivés en Suisse, et ils tombent dans un ravin. C’est à ce moment que Germain Huppert kidnappe Marie, toujours en vie. Seulement, elle a contracté une sorte de cancer post-traumatique unique et sa peau subit fréquemment une « combustion spontanée ». En gros, elle brûle, sans flammes, et sans mourir. Seul Gaston a un remède : une piqûre à lui faire tout les mois, jusqu'à ce qu’il trouve son fameux sérum de "guérison totale". De plus, Marie a mentalement régressé, pour retourner au stade infantile.

4/ Quant à Thomas, le héros du récit, on apprend qu’étant petit, il a tué sa mère par accident, en envoyant son avion télécommandé droit dans la baignoire, alors qu’elle prenait un bain. Malgré le choc, sa passion pour les "oiseaux de fer" est toujours présente, et il s’engage quelques années plus tard dans l’armée, en tant que pilote. N’étant attiré par aucune fille, il réalise qu’il est gay (détail complètement inutile, mais passons), et a fréquemment des visions de la Mort elle-même, pendant qu’il conduit son coucou (d’où le titre du récit). 

DONC : 

Thomas tombe amoureux de Marie, ils s’échappent du manoir, et passent du bon temps à Marseille. Comme par hasard, ils croisent deux des anciens ennemis de Marcel le mafieux marseillais, dont l’un a une tentacule d’acier en guise de bras (?!). Marie ne les connaît pas mais eux la reconnaissent, et profitent de l’absence de Thomas pour la violer, afin de savoir "où est passé le pognon " (volé par Marcel quelques années auparavant : c‘est pour ça qu’il cherchait à fuir la France).
N’ayant pas eu sa piqûre mensuelle, Marie, sous leurs yeux, devient soudainement  repoussante, car toute brûlée. Les mafieux s’échappent, horrifiés. Thomas arrive, la console, la conduit dans un hôpital, où elle est entièrement bandée. Ne voulant pas que son amour voit son atroce visage, elle porte donc un masque blanc.
Ils décident de retourner au manoir, afin que Germain Huppert administre le remède miracle a Marie. Ce dernier refuse, et alors qu’ils sont en pleine bagarre (Gaston meurt), on observe que les Marseillais les ont suivis ! Ces derniers font brûler le manoir, Thomas et Marie s’échappent en avion, les Marseillais tirent, l’avion prend feu, la Mort apparaît à Thomas, et les deux amoureux s’écrasent sur le bateau des Marseillais.

Absolument tout le monde est mort, et si la police cherche le fin mot de cette affaire, ils auront probablement du fil à retordre !

- FIN -



EN + : Une histoire riche, dense, tordue, et très cinématographique. Marie Duteil semble être un savant mélange de la Simone Choule du film de Polanski "Le locataire", tiré du "Locataire Chimérique" de Roland Topor, avec l’Edith Scob des "Yeux sans Visage", chef-d’œuvre absolu du cinéma Français, réalisé par le magnifique Georges Franju.
La trame est vraiment complexe, non dans son fond, mais dans sa forme, mais tant mieux, ça ne donne que plus d’épaisseur au récit. Cette histoire a du souffle, et bien qu’elle s’éparpille parfois, les trois personnages principaux ont du coup le mérite d’être largement développés, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. A noter également : la superbe couverture résumant on ne peut mieux ce sombre récit




















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