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vendredi 9 novembre 2012

Demi-Bleu n° 20 - Le souvenir de Veronica


"Le Souvenir de Veronica"
( suivi de "Des siècles dans amour" )


Série : Demi-Bleue n° 20

Nombre d'histoires : Deux.

Citations d'ouvertures : 
1/ "La passion, c'est comme le tonnerre, ça ne tombe jamais sur vous" - A. Hermant (pour une fois, elle a un rapport avec l'histoire)
2/ "L'agriculteur est un homme qui transpire beaucoup afin de faire de son fils un monsieur qui rougira de lui plus tard" - A. Decourcelle

Résumé : Première histoire – Le souvenir de Veronica :
Le jeune écrivain Jorgens Koskela retrouve sa ville natale après 10 ans d’absence. Chez lui, à Londres, il a consacré une pièce entière de son appartement à l’installation d’appareillages électriques qui permettent de recueillir toutes sortes d’effets sonores qu’il enregistre au détour de ses voyages et sorties, en vue d’un éventuel documentaire dont il réaliserai la bandes son. Un soir, alors qu’il écoute les enregistrements des rues et des gens qu’il a effectué durant la journée, il entend dans la bande sonore une voix récitant un poème. 
Sauf que ce poème, c’est lui, Jorgens Koskela, qui l’a écrit voilà dix ans, pour Veronica, une lycéenne dont il était follement amoureux. Et Veronica est morte depuis plusieurs années… 


Explication flash-back : Jorgens aimait Veronica, qui aimait Kurt. Kurt était un salaud (tiens donc), qui pariait aux courses. Pour rembourser ses dettes de jeu, Kurt s’empare de la caisse du Lycée. Veronica n’aime pas ça, menace de le balancer, il la tue et la jette dans l’incinérateur du Lycée (?!). 
Veronica, de l’au-delà, se souvient alors que Jorgens n’était pas si mal que ça, et « l’appelle » afin de venger sa mort, ce qu’il fait, mais en y laissant tout de même sa peau. RIP.

Seconde histoire – Des siècles sans Amour : 
Il y a fort longtemps, en Asie Mineure, Kaam et Rohan, deux frères guerriers - unis depuis leur naissance comme les deux doigts d’une main - rencontrent Naisha, la Prêtresse du Temps. Elle leur donne l’emplacement de la Fontaine de Jouvence, cette fameuse cascade qui rend immortel celui qui s’y baigne, et leur explique dans un même temps que cette dernière ne pourra fonctionner que pour l’un des deux frères.  

Bien qu’inséparables depuis leur naissance, ils partent chacun de leur côté à la recherche de la Fontaine, mais c‘est Rohan qui arrive en premier. Kaam, fou de rage, le tue afin de bénéficier à lui seul du pouvoir thalasso-magique ! Un fratricide, le traître !
Des siècles passent et Kaamn, durant ces centaines d’années de solitude, de remords et de tristesse, tente en vain de retrouver Naisha. Depuis tant de temps, il n’a aimé d’autres femmes qu’elle. Il rencontre Carole, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Naisha et l’épouse sur le champs, le cœur enfin rempli de joie et de bonheur. Avant les fiançailles, Carole emmène Kaam en Asie Mineure, afin qu’il rencontre son beau-père. Arrivés à bon port, elle fait en sorte qu’ils se dirigent vers l’ancien emplacement de la Fontaine de Jouvence…. Kaamn, au moment où il reconnaît les lieux, voit Rohan, son Frère-Zombie, resurgir de la cascade, afin d’assouvir sa vengeance tant attendue. 
Car Carole était bel et bien Naisha, et elle avait pactisé avec Rohan pour faire payer ce traître de Kaam !

EN + : Rien à déclarer de spécial, mise à part les résumés ci-dessus et la chouette couverture. Le dessin et les histoires n'ont rien de particulier (et la première rappelle le "Blow Out" de De Palma). Pas de dialogues délirants ni de cases particulièrement drôles.
Un volume honnête, mais qui manque de ces délires et n'importequoititude, typiques aux éditions Elvifrance.







mardi 9 octobre 2012

Demi-Verte (sans numéro) - Histoire D'oeufs




"Histoire d'oeufs"
(suivi de "L'amour à Glor")

Série : Demi-Verte sans numéro, répertoriée comme étant le A14.

Nombre d'histoire(s) : Deux

Citations d'ouverture :
1/ "C'est un ménage à quatre : lui, elle, l'idée qu'elle se fait de lui, et l'idée qu'il a d'elle. " - C. Roy
2/ " Péché avoué est à moitié recommencé.  " - C. Morellet

Résumés : 
Première Histoire - Histoire d'oeufs : 
Glir et et Wuza sont deux Benzoliens, qui vivent paisiblement sur la Planète Benzol. Ils passent leurs journées à s'engueuler gentiment, à s'aimer, à s'occuper de leurs nombreux enfants, à boire du "Sbrod" et à faire "Zenzi" (faire l'amour en Benzolien). Seulement voilà, une armada Terrienne arrive, et, sans raisons ni explications, met à feu et à sang leur planète ! De plus, les Terriens kidnappent bon nombre de Benzoliens, au hasard parmi ceux qui n'ont pu se cacher, trop terrorisés par ce déchaînement de violences ! Les prisonniers Benzoliens et Benzoliennes sont parqués, forcés à se reproduire entre eux.
Mais pourquoi tant de haine ? Simplement car ces dernières, lorsqu'elles accouchent, pondent littéralement leurs enfants ! Et en tout point, taille, forme, goût, ces oeufs sont similaires à ceux de nos poules.  
Et justement, sur Terre, la nourriture se fait rare... 


Seconde histoire - L'amour sur Glor :
Scil est une jeune conductrice de taxi sur la planète Glor. Un soir, un terrien pressé lui demande de l’emmener à la gare, à destination de la terre. En partant il laisse sur le siège arrière un bébé...au couffin rempli de billets ! Scil décide donc de gagner elle aussi la planète bleue, afin de retrouver cet homme pour lui rendre son bébé. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que sept guerres nucléaires ont ravagées la Terre, et les quelques survivants qui restent sont devenus des mutants, sauvages et sans pitié... 



EN + : Chose incroyable pour un volume d'Elvifrance : l'amour, la vie, l'avenir et l'acceptation de l'autre "tel qu'il est", est LE sujet des deux histoires de ce volume ! Et bien que la superbe couverture, probablement signée Averardo Ciriello, soit mensongère, peu importe, car ces deux récits sont tout simplement excellents ! 


Histoire d'Oeufs  à gauche, L'Amour sur Glor  à droite.


"Histoire d'oeufs" est à ce jour l'une des meilleurs BD que j'ai pu lire dans un Elvifrance.  De la  science-fiction façon Fredric Brown, touchante, humaine, humoristique et terre-à-terre, davantage transposition, présent modernisé, que SF pure, avec une vraie attention pour ses personnages. Qu'ils s'envoient des vannes ou qu'ils fassent "zenzi", la présentation du couple Glir/Wuza est adorable. On s'attache à eux, à leur quotidien, leur façon simple et honnête de vivre et de s'aimer. Étonnant et c'est pourtant le cas : en quelques pages, les Benzoliens sont attachants !

Mais la beauté du récit, me semble t-il, se trouve lorsque Wuza s'échappe de la prison humaine, et tombe amoureuse d'un redneck Texan ( il lui a évité un viol et la cache chez lui)...  Alors que l'on était en droit de s'attendre à une brute violente qui abuse d'elle - l'homme de base chez Elvifrance - on se retrouve nez à nez avec tout le contraire : un grand plouc, Stetson/Santiag, costaud et imposant, mais timide, attentionné et extrêmement gentil, qui lui apprend lentement l'anglais afin qu'ils puissent mieux se comprendre, et qui couve ses œufs/enfants à sa place, afin qu'elle puisse se reposer ! Devant tant de mignonneries, Wuza ne peut que l'aimer à son tour, et tout le monde est donc content, chose rare chez Elvifrance !

Cerise confite sur le cupcake, les dessins sont vraiment beaux, maîtrisés. Ils ont de la personnalité, du souffle, et rappellent fort le grand Jean-Claude Forest, ce qui n'est pas rien. Allez, voici l'histoire en accélérée ! 



Travailler plus un jour férié ? Elvifrance visionnaire ?














La seconde histoire quant à elle, est surprenante. Scil, la chauffeuse de taxi, trouve finalement l'adresse de l'homme au bébé (une cabane pourrie au beau milieu du désert post-nucléaire) et s'y rend.  Il est absent, et c'est sa soeur qui ouvre la porte. Celle-ci explique à Scil que "Le Savant" - le nom donné à son frère - à inventé une machine extrêmement utile en ces Terres Désolées, car idéale pour la repopulation de la planète. Une machine qui permet de :  
1 / Se transformer en sexe opposé  OU - 2 / Se transformer en femme enceinte !
Donc en gros, si un homme entre, il ressort en femme enceinte, et si une femme entre, elle se transforme en homme qui, lorsqu’il se re-transformera en femme en repassant dans la machine, sera enceinte !! Mais d'ailleurs... cette femme qui explique tout à Scil et qui se dit être la soeur du savant,  c'est..... LE SAVANT ! Le pauvre, il est en pleine grossesse ! Cela donne lieu à un amour "inversé" entre Scil (oui, car elle est devenue homme entre temps ) et Le Savant, qui - tout deux - sont finalement contents de leur changement de sexe, et décident de s'aimer tels qu'ils sont !



En conclusion, il n'y a ni viol, ni gore, ni horreurs diverses dans ces deux histoires. Du sexe, oui, pratiqué avec envie et plaisir. Car ce qu'il y a surtout dans "Histoire d'oeufs " et "L'amour sur Glor ", c'est justement de l'Amour ! Aaah l'amour.... Que l'on vienne de Benzol, de Glor, de la Terre, ou d'Elvifrance, il ne finira jamais de nous transporter !



















Demi-Bleu n° 11 - Au Nom de la Révolution




"Au nom de la Révolution"
( suivi de "L'honneur est sauf" + "Le cri de la mandragore" )

Série :
Demi-Bleue n° 11

Nombre d'histoire(s) : Trois.

Citation(s) d'ouverture : 
1/ "La passion c'est comme le tonnerre, ça ne tombe jamais sur vous." - A. Hermant
2/ "Les hommes portent leur coeur dans leur sexe, les femmes portent leur sexe dans leur coeur. " - M. de Chazal
3/ "Quand on a quelque chose dans le ventre, on ne meurt pas avant d'avoir accouché. " - Gustave Flaubert

Résumé(s) : 
Première histoire - Au nom de la Révolution : En pleine guerre civile cubaine dans les années 50, Fernando et Fédora s'aiment passionnément. L'un est un pêcheur révolutionnaire au service de Fidel Castro, l'autre une bourgeoise, fille d'un associé de Fulgencio Batista, le dictateur du coin... Malgré leur amour, Fernando est exécuté et Fédora, brisée par le chagrin, va le ressusciter grâce à la magie vaudou, lui permettant par la même occasion de venger son honneur.

Seconde histoire - L'honneur est sauf : En 1870, pendant la seconde guerre d'indépendance de l'Italie encore sous domination Autrichienne, Cartesio Trotta rompt la tradition familiale et s'engage dans l'armée piémontaise, provoquant la colère et le mépris de son père, le Baron Aloisio Trotta, fidèle sujet autrichien (bien qu'italien) comme l'avaient été avant lui son père, son grand-père, son arrière grand-père. Quelques temps après, alors qu'il est posté en sentinelle, Cartesio recroise son père devenu général, le tue, et devient à son grand bonheur propriétaire des terres et vignes de la lignée Trotta. Mais c'était oublier que ces derniers ont le sang chaud, et que ça n'est pas une balle qui va les arrêter, surtout lorsqu'il s'agit d'honneur bafoué...

Troisième histoire - Le cri de la mandragore : Aux environs de Paris, en 1780. Léon, employé en boulangerie maltraité par son patron, est amoureux de Delphine, une brune pulpeuse fille de notaire. Afin qu'elle l'aime en retour (il est difforme), il va voir la sorcière du coin et lui commande un philtre d'amour. Pour cela, il aura besoin de la racine d'une mandragore. Mais cette plante mythique et capricieuse ne s'obtient pas comme ça, et la première étape vers la création du philtre est de recueillir le sperme d'un homme au moment ou il perd la vie...

EN+ : Malgré une couverture incroyablement belle, qui semble tout droit sortie d'un vieux numéro de "Courrier International", difficile de ne pas s'ennuyer face à ce volume Elvifrance. Le scénario de la première histoire, au dessin incroyablement laid et à la narration incompréhensible, est d'une nullité affligeante. Roméo et Juliette à la sauce Ernesto Guevara, mais étalé sur quelques pages. Rien à déclarer pour la seconde histoire. Elle est bien foutue, mais plate et rabâchée. Seul le dernier récit rattrape un tant soit peu le reste, avec une histoire fantastique aux rebondissements inattendus.


Pas d'élucubrations Elvifranciennes dans ce volume, qui reste cependant très agréable à lire, en plus de contenir  quelques cases bien jolies !




AAAGH...GH...
Le père de Fédora n'en croit pas ses (gros) yeux, et son coeur ne tient 
pas le choc : Fernando est encore vivant ! 

Il pleut des autrichiens par ici !  

1...2...3....4...
Lors d'un duel au pistolet, Cartessio est bien embêté lorsqu'il se rend compte 
qu'il combat en fait....son père ! 



La capricieuse Mandragore est pleine de surprise...
Elle peut par exemple transformer qui la boit en superbe femme loup ! 


La silhouette de la femme dans l'oeil du squelette/Guevara de la couverture, semble bien être la même 
que celle présente sur cette superbe couverture d'un Terrificolor...





lundi 8 octobre 2012

Série Rouge n° 113 - Le Nez de Cléopâtre




" Le Nez de Cléopâtre" 
Série : Rouge n° 113

Citation d'ouverture : 
"Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange
D'os et de chairs meurtris, et trainés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux" - (Athalie) Jean Racine

Nombre d'histoires : Une seule

Résumé :  Christiana Edmunds, jeune femme de la haute société anglaise du XIXème siècle, n'a qu'un défaut : son nez aquilin, qui lui vaut d'incessants quolibets et l'empêche de trouver un mari. Obsédée par la peur de rester vieille fille, elle est hantée par des rêves érotiques peuplés de coqs, d'hommes à tête d'œuf et d'arbres lubriques (nous y reviendrons, ça vaut le coup d'oeil). Sa santé mentale déjà fragile est mise à rude épreuve lorsqu'un certain Docteur Cock (Cock/ coq, hin hin, comme par hasard...) pose les yeux sur elle. Aussitôt convaincue qu'il est l'homme de sa vie, elle échafaude un plan diabolique pour mettre la femme du médecin (qui, en fait, l'avait juste regardée par curiosité médicale à cause de son improbable tarin) hors jeu. Éconduite par Mister Cock, Christiana voit rouge et vire carrément érotomane. Elle n'hésite pas à tuer la moitié de la ville à l'arsenic pour tenter de parvenir à ses fins, en vain. 
Ses crimes finissent par la rattraper, elle est arrêtée puis jugée. Au cours du procès, sa mère révèle que toute la famille Edmunds est obsédée par les coqs (si, si) depuis des générations, obsession qui a causé la perte de nombreux membres de la famille.  Un lourd héritage psychologique donc pour Christiana qui n'échappe pas à la malédiction, rendue folle à lier par le docteur Cock.
Internée, elle déambule nue dans les couloirs de l'hôpital ou elle finit par se faire violer puis dévorer le visage par des aliénés.


En + :  Difficile de s'ennuyer dans ce volume qui met en scène un personnage d'une richesse psychologique étonnante. Tour à tour érotomane, paranoïaque, atteinte de bouffées délirantes, Christiana est à la fois effrayante et touchante. Loin des habituelles figures féminines Elvifrance, elle est complexe et ambigüe, à la fois criminelle et victime d'une société qui la traite en paria.  

La séquence du rêve érotique vaut vraiment le détour et mérite d'être présentée dans son intégralité. Voici donc une plongée au cœur de l'esprit tourmenté de Christiana :